Chères spectatrices, chers spectateurs,
Quel plaisir de retrouver le travail de Stephanie Lake sur la scène montréalaise ! Si sa compagnie nous vient d’Australie, la chorégraphe, elle, est d’origine canadienne - et c’est toujours un bonheur de voir son œuvre rayonner ici.
Vous vous souvenez peut-être de Colossus, présenté à Danse Danse en 2023 - un événement hors norme, porté par une soixantaine d’interprètes. Avec Manifesto, elle revient en force avec une idée à la fois simple et brillante : réunir sur scène neuf danseur·se·s et neuf percussionnistes, chacun à sa batterie. Le résultat est puissant, vibrant, totalement exaltant.
Impossible de ne pas être frappé par la manière dont le mouvement et la musique s’entrelacent. Qui mène ? Le rythme qui guide le corps, ou le corps qui inspire le son ? Cette fusion entre geste et percussion rend cette création unique.
La scénographie éclatante, les lumières, les couleurs… tout contribue à créer une atmosphère vibrante, d’où émane une énergie collective rare.
Merci d’être là pour partager cette expérience. Bonne soirée à toutes et à tous !
Pierre Des Marais — Directeur artistique et général de Danse Danse.Reconnaissance territoriale
Danse Danse reconnaît que l’endroit où nous nous trouvons fait partie du territoire traditionnel et non cédé des Kanien’keha:ka. Nous honorons la présence continue des peuples autochtones sur le territoire Tiohtiá:ke (Montréal) qui a longtemps servi de lieu de rencontres et d’échanges entre les nations. Dans le respect des liens avec le passé, le présent et l’avenir nous remercions les peuples autochtones de nous rappeler l’importance de vivre en harmonie avec soi, avec les autres et avec la nature et nous sommes reconnaissants de pouvoir présenter des oeuvres d’art vivant à Tiohtiá:ke.
La graine de Manifesto a été semée il y a de nombreuses années. J’ai assisté à un concert intimiste, un solo de batterie expérimental, et j’étais assise au sol, tout près de l’instrument, la tête à quelques centimètres seulement de la grosse caisse. La puissance du son était à la fois écrasante et profondément vivifiante. À cet instant précis, j’ai su que je voulais créer un spectacle avec des percussions jouées en direct.
Au fil des années, l’idée a commencé à mûrir. J’imaginais une grande formation de neuf batteurs et j’entrevoyais déjà une mise en scène grandiose, empreinte d’une opulence à la Busby Berkeley. Peu à peu, Manifesto s’est cristallisé : neuf danseur·euse·s et neuf batteurs autour de neuf batteries. Une symétrie belle et simple. Je voulais créer un spectacle qui n’utiliserait que du son en direct - une énergie vibrante, un spectacle propulsé uniquement par l’énergie et l’engagement humains.
Réunir dix-huit interprètes extraordinaires pour donner vie à ce spectacle a été une expérience remplie de joie et d’électricité. Le processus de création a été entièrement collaboratif, un riche échange artistique où les idées rebondissaient entre danseur·euse·s, chorégraphe, batteurs, compositeur, ainsi que les concepteurs des éclairages et des costumes. La brillante composition de Robin ne se contente pas de faire vibrer la salle : elle parvient aussi à faire surgir des nuances de ton et d’émotion en utilisant un seul instrument. La scénographie de Charlie est audacieuse et exubérante; les éclairages de Bosco sont sculpturaux et captivants; les costumes de Paula, sophistiqués et texturés.
Depuis mes toutes premières chorégraphies, je suis attirée par le rythme. Manifesto ramène la performance à ses éléments les plus fondamentaux : le rythme et le mouvement; battre le tambour et danser. Dans mon esprit, la devise de Manifesto est « un tatouage à l’optimisme ». C’est un spectacle qui parle d’histoire, de rébellion, d’obéissance, de joie, d’émerveillement et de tendresse, mais aussi de tristesse et de rage. Mais par-dessus tout, il est porteur d’espoir - un appel au rassemblement et à la solidarité.
Un spectacle d’une telle envergure repose sur l’engagement d’une immense équipe, et je suis profondément reconnaissante envers toutes les personnes, les bailleurs de fonds et les organisations qui ont contribué à faire de Manifesto une réalité.
Mes plus sincères remerciements vont aux danseur·euse·s, aux batteurs, aux collaborateur·trice·s et aux membres de l’équipe de production qui offrent leur cœur, leur âme et leur immense talent à ce spectacle. Nous sommes ravis de partager Manifesto avec vous, notre public. Sur une note personnelle, c’est un bonheur particulier de présenter cette tournée au Canada, où je suis née et où j’ai vécu jusqu’à l’âge de huit ans. Un retour aux sources.
- Stephanie Lake
Créer de la musique pour neuf batteries donne l’impression d’aboutir à un vieux fantasme d’adolescent qui a longtemps couvé. Pendant la majeure partie de mon adolescence, j’étais un batteur de métal passionné, même si l’on pourrait dire plutôt moyen, et je n’ai jamais cessé de jouer pour le plaisir depuis. Il m’arrive de penser que je suis au plus heureux lorsque je peux jouer librement derrière une batterie. Alors, quand Stephanie a mentionné qu’elle souhaitait travailler avec des percussions, j’ai immédiatement eu très envie de participer au projet.
À mesure que le projet prenait de l’ampleur, il est devenu clair qu’il s’agirait d’un ensemble de grande envergure. Stephanie s’intéressait d’abord à la batterie; comme contrainte de départ, j’ai donc décidé de reproduire cet instrument neuf fois plutôt que de constituer un ensemble de percussions aux timbres multiples. Les batteries sont des configurations standards à quatre fûts, avec charleston, crash et ride. Le défi consistait alors à tirer une partition complète à partir de ces ressources.
Travailler avec quatre batteurs principaux, Nat Grant, Robbie Avenaim, Rama Parwarta et Alex Roper, pour développer l’œuvre a été un véritable bonheur sonore. Ce sont des musiciens remarquables, issus d’un éventail de styles, et leur contribution a profondément façonné la forme finale de l’œuvre. L’ensemble s’est ensuite élargi à neuf interprètes avec l’arrivée de Maria Moles, Rohan Rebeiro, Alon Ilsar, Jen Tait et Tina Nguyen. Là encore, un groupe de musiciens extraordinaires qui ont énormément apporté à l’œuvre et qui, par moments, ont produit l’équivalent sonore d’un tremblement de terre.
Je les remercie tous pour leur musicalité et leur patience. Ce fut une partition vraiment spéciale à créer.
- Robin Fox
Stephanie Lake est née à Saskatoon, au Canada, a grandi en Tasmanie et est aujourd’hui basée à Melbourne, en Australie. Elle crée des chorégraphies depuis plus de 25 ans et a fondé la Stephanie Lake Company en 2014. En 2024, elle a été nommée chorégraphe en résidence au sein de The Australian Ballet, puis artiste en résidence (AiR) au Semperoper Ballet de Dresde en 2025.
Stephanie Lake Company est une compagnie de danse contemporaine basée à Melbourne (Naarm), en Australie, et maintes fois primée, qui tourne à l’international. Reconnue pour son style chorégraphique audacieux et original ainsi que pour son esthétique visuelle saisissante, la Stephanie Lake Company est à l’origine d’œuvres très acclamées, dont Manifesto, Colossus, Monsters, Skeleton Tree, Replica et Pile of Bones.
Chorégraphe Stephanie Lake.
Compositeur Robin Fox.
Concepteur lumière Bosco Shaw.
Créatrice costumes Paula Levis.
Scénographe Charles Davis.
Directrice de production Lisa Osborn.
Productrice Beth Raywood Cross.
Assistante à la conception des éclairages et régie Rachel Lee.
Ingénieur du son James Wilkinson.
Interprètes Rachel Coulson, Tra Mi Dinh, Marni Green, Darci O'Rourke, Harrison Ritchie-Jones, Robert Tinning, Georgia Van Gils, Kimball Wong, Jack Ziesing.
Batteurs / Percussionnistes Robin Fox, Tina Nguyen, Rama Parwata, Rohan Rebeiro, Alex Roper, Jen Tait, Rachel Trainor, Mathew Watson, Julia Watt.


















