Retour sur le 1er avril 2026
Le soir de la représentation de Manifesto de la Stephanie Lake Company, quelque chose de précieux s’est ajouté à l’expérience du spectacle. Dans la salle, une cohorte du projet Regards culturels en LSQ était présente pour vivre l’œuvre, l’observer, la ressentir, puis la raconter à partir d’une perspective Sourde.
Porté par Les Filles électriques, Regards culturels en LSQ est une initiative de médiation culturelle destinée à la communauté sourde. En 2025-2026, c'est une dizaine de personnes sourdes qui ont pu assister à différentes productions artistiques. Ce projet propose bien plus qu’un accès à la culture : il invite à reconnaître la richesse d’un regard, d’une langue et d’une pensée critique qui existent, mais qui sont trop rarement mises au centre des conversations culturelles.
Avec Manifesto, cette rencontre prenait une résonance particulière. Portée par neuf interprètes, neuf percussionnistes et neuf batteries, l’œuvre déploie une énergie physique et rythmique qui dépasse largement le son. Elle se reçoit aussi dans les vibrations, les élans, les suspensions, les rapports entre les corps et les gestes qui se répondent. Accueillir Regards culturels en LSQ, c’était ainsi ouvrir un espace pour déplacer le point de vue : comment une œuvre est-elle vécue lorsqu’on entretient une autre relation au son, au rythme et au corps ?
Cette perspective nous rappelle que le spectacle vivant peut être vu, ressenti, traversé physiquement et raconté dans une langue visuelle, incarnée et spatiale.
Dans cette capsule vidéo, découvrez le témoignage de Rim Kharrat, où elle revient sur sa rencontre avec Manifesto, sur ce qui l’a traversée, marquée ou questionnée, et sur la manière dont l’œuvre a résonné depuis sa propre perspective sourde. Elle ouvre une fenêtre sensible sur une façon de recevoir le spectacle, de le penser et de le partager.
Dans un spectacle comme Manifesto, où le rythme devient presque une force collective, cette rencontre prend tout son sens. Elle nous rappelle que la danse n’appartient pas qu’à celles et ceux qui l’entendent battre. Elle appartient aussi à celles et ceux qui la lisent dans l’espace, qui la sentent dans le corps, qui la traduisent en images, en signes, en sensations.
Nous remercions chaleureusement toute l’équipe de Regards culturels en LSQ pour cette rencontre précieuse et pour leur travail sensible autour de l’accessibilité, de la transmission et du regard critique en langue des signes québécoise. Nous sommes très heureux·ses d’avoir pu accueillir le projet dans le cadre de Manifesto et de contribuer, à notre manière, à faire circuler ces perspectives essentielles sur les arts vivants.



