Pina Bausch

Pina Bausch

Philippina Bausch (1940-2009), dite Pina, est née à Solingen, en Allemagne. Ses oeuvres portent le regard sombre et tendre qu’elle pose, dès l’enfance, sur le monde et sur la condition humaine, cachée sous les tables du bistrot que tient son père et qui inspireront la scénographie des emblématiques Café Müller, Kontakthof et Bandonéon. Monstre sacré de la scène chorégraphique du XXe siècle, elle a révolutionné le spectacle vivant en devenant la figure de proue du mouvement de la danse-théâtre, influençant plusieurs générations de créateurs. Elle est décédée en 2009 à l’âge de 68 ans.

C’est avec Kurt Jooss, le précurseur de ce grand mouvement, que Pina Bausch entame sa formation à l’âge de 15 ans à la Folkwang-Hochschule d’Essen. À 19 ans, elle s’envole pour New York, où elle étudie à la Juilliard School, puis intègre le Metropolitan Opera et le New American Ballet. De retour en Allemagne en 1962, elle est soliste au Folkwang-Ballett et assistante de Jooss, dont elle prend la relève à la Folkwang-Hochschule en 1969. En 1973, elle accepte la direction du Ballet de Wuppertal, qu’elle rebaptise bientôt Tanztheater Wuppertal et où elle fait scandale en revisitant des classiques tels qu’Orphée et Eurydice (1975), Le Sacre du printemps (1975) et Barbe-Bleue (1977), et en introduisant dans son travail le concept de danse-théâtre dès 1976. Résistant aux critiques, elle voit son succès international grandir avec, entre autres, Café Müller (1978) et finira par s’imposer en Allemagne, où elle fut la première chorégraphe de formation moderne à pénétrer l’institution théâtrale très fermée de l’après-guerre.

En rupture avec les codes habituels de la composition chorégraphique, Pina Bausch assemble des puzzles à la narration discontinue où la danse alterne avec le jeu d’acteur et qui, avec la répétition des actions, soulignent avec dérision les comportements codifiés, le jeu de la séduction et la violence des petits gestes quotidiens. Évacuant les concepts de personnages et d’interprètes, elle travaille à même le corps, le vécu et la mémoire de ses danseurs. Avec Kontakthof (1978), 1980 (1980) et Nelken (1982), une forme de tendresse s’insinue dans ses pièces et ses oeuvres Viktor (1986), Palermo Palermo (1989), Masurca Fogo (1998), Água (2001) ou Nefés (2003), qui reflètent les cultures des villes étrangères où elles ont été créées, portentune flamboyance et, parfois même, une légèreté inhabituelles.

Liste des spectacles