Wayne McGregor

Wayne McGregor

Né à Stockport en 1970, Wayne McGregor étudie la danse au Collège universitaire Bretton Hall et à l’école José Limon, à New York. En 1992, il fonde sa compagnie, Wayne McGregor | Random Dance. La même année, il est nommé chorégraphe résident à The Place, à Londres.

Capable d’enregistrer et d’exécuter le mouvement avec une rapidité et une précision remarquables, Wayne McGregor se distingue par l’unicité de son vocabulaire chorégraphique, parfaitement adapté à son corps long, mince et souple. Sa danse peut aussi bien prendre l’allure d’une suite d’angles fracturés que celle d’un tourbillon de fluidité qui laisse croire à l’absence de squelette.

McGregor se démarque également par sa prédilection pour les nouvelles technologies. Jouant avec les ordinateurs depuis l’âge de sept ans, il trouve tout naturel d’intégrer la cyberréalité à ses chorégraphies. Avec l’aide de concepteurs usant d’outils à la fine pointe de la technologie, il expérimente avec la projection sur scène d’images générées par ordinateur. Dans Sulphur 16 (1998), un géant virtuel miroite sur scène, donnant aux danseurs l’allure de nains évoluant en compagnie de figures numériques qui scintillent et se faufilent entre eux, tels des visiteurs d’un autre temps. Dans Aeon (2000), des paysages numérisés semblent transporter les danseurs dans d’autres dimensions et d’autres mondes. La technologie permet aussi à McGregor de modifier les conditions de présentation de son travail. 53 Bytes, créée en 1997, découle justement de cette volonté d’expérimentation : deux troupes, dans deux pays différents, dansent simultanément devant leurs auditoires respectifs mis en lien par un satellite. En 2000, visant un public encore plus mondial, le chorégraphe transmet en direct sur Internet une performance de Trilogy Installation, imaginant des modalités et possibilités toujours plus nombreuses de transformation de la danse par la technologie.

Tout autant que les machines, la technologie du corps dansant a toujours piqué la curiosité de McGregor. Par exemple, l’étude de l’interaction corps-cerveau, qu’il aborde à titre de chercheur attaché au Département de psychologie expérimentale de l’Université de Cambridge, servira de terreau pour AtaXia (2004). Même si les danseurs sont les plus grands spécialistes de la coordination corps-cerveau, McGregor demeure fasciné par l’énergie et la beauté du dysfonctionnement neurologique. Pour Amu (2005), il poursuit son association avec le monde scientifique : avec des spécialistes de l’imagerie cardiaque et toute une série de collaborateurs artistiques, il questionne à la fois les fonctions physiques et les résonances symboliques du cœur humain. Pour Entity (2008), il entame une recherche en vue de créer un agent chorégraphique autonome, projet qu’il pousse plus loin encore et qui débouche sur FAR, dont la première a été présentée en novembre 2010 au Sadler’s Wells de Londres. Pour Dyad 1909 (2009), il entreprend l’étude de la cognition créative. Tout son processus de création est saisi sur vidéo et ensuite cartographié par une équipe de scientifiques spécialistes de la cognition et d’étudiants de l’Université de Californie, à San Diego, aux États-Unis. Entity (2008) et FAR (2010) sont de nouvelles étapes de cette aventure.

En 2006, Wayne McGregor est nommé chorégraphe résident du Royal Ballet. Jamais auparavant cette compagnie n’avait offert ce poste à un créateur de danse moderne. Cette même année, il y présente Chroma, qui obtient un extraordinaire succès. Lui précèdent d’autres productions, dont Qualia (2003) et Engram (2005), puis viennent ensuite Nimbus (2007) et Infra (2008), présentée dans le cadre de Deloitte Ignite, nouveau festival de la Royal Opera House dont il assure la programmation. Puis, dans le cadre d’une collaboration historique entre les compagnies Royal Ballet et Royal Opera, McGregor conçoit, dirige et chorégraphie les deux œuvres baroques Acis et Galatée et Didon et Énée. Plus récemment, après avoir travaillé avec l’architecte John Pawson pour Chroma et avec le plasticien Julian Opie pour Infra, Wayne McGregor a invité deux autres grands noms des arts visuels à collaborer avec lui : le scénographe japonais Tatsuo Mijyajima pour Limen (2010) et John Gerrard pour Live Fire Exercise (2011), créées pour le Royal Ballet.

En 2012, McGregor a chorégraphié Carbon Life pour le Royal Ballet et Machina pour Metamorphosis: Titian 2012. Il a également mis en scène le nouvel opéra de chambre de Max Richter, SUM, une commande de ROH2, dont la première a eu lieu en mai. En juillet, il a créé une chorégraphie publique de masse, Big Dance Trafalgar Square, dans le cadre du London 2012 Festival. Cette année, il créera de nouvelles œuvres pour la Wayne McGregor | Random Dance et le San Francisco Ballet, ainsi qu’une nouvelle version du Sacre du printemps pour le ballet du Bolchoï.

En dehors de son champ privilégié de la danse, McGregor a mis en scène un opéra pour La Scala de Milan, a chorégraphié des séquences de mouvement pour le cinéma et le théâtre, des comédies musicales et des galeries d’art, et a monté des installations in situ à la Hayward Gallery ainsi qu’au Canary Wharf et au Centre Pompidou. Il s’est aussi occupé du mouvement dans le film Harry Potter et la Coupe de feu et le vidéoclip Lotus Flower (2011) du groupe Radiohead, et a signé la chorégraphie de la cérémonie d’ouverture des Championnats mondiaux de natation à Rome (2009).

Il a aussi créé des chorégraphies pour le Ballet de l’Opéra de Paris ainsi que pour La Scala, le Nederland Dans Theater 1, le Stuttgart Ballet, l’English National Ballet, le San Francisco Ballet, le New York City Ballet, l’Australian Ballet ainsi que le ballet du Bolchoï.

Les expérimentations de Wayne McGregor lui ont valu de multiples prix et nominations. En janvier 2011, son nom apparaissait au tableau d’honneur du Nouvel An, à titre de Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus à la danse. Il a reçu le prix de la critique pour Chroma aux Golden Mask Awards (2012), trois prix Critics Circle pour Amu, Chroma et Infra (2006, 2007 et 2009), un prix South Bank Show pour Entity et Infra (2009) et pour Chroma (2007), un Benois de la danse pour Infra (2009), le prix Movimentos pour Entity (2009), un prix d’excellence en danse décerné par l’Institut International du Théâtre (2009), une bourse de l’Arts Foundation (1998), deux prix Time Out pour réalisations exceptionnelles (2001 et 2003) ainsi que deux prix Laurence Olivier (2004 et 2007).

En décembre 2009, Wayne McGregor a été le sujet de l’une des dernières séries documentaires sur l’art du South Bank Show, au Royaume-Uni. On le voit également dans le long métrage documentaire La Danse que Fred Wiseman a consacré au Ballet de l’Opéra de Paris. En 2010, il fait l’objet d’un film de danse et d’un documentaire diffusés sur la chaîne Arte, Wayne McGregor – A Moment In Time et Wayne McGregor – Going Somewhere, tous deux réalisés par Catherine Maximoff.

Récemment : Chorégraphie de nouvelles œuvres : Machina pour Metamorphosis: Titian 2012 et Carbon Life pour le Royal Ballet; UNDANCE pour Wayne McGregor | Random Dance; et L’Anatomie de la sensation pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Chorégraphie du vidéoclip Lotus Flower de Radiohead, en nomination aux Grammys. Mise en scène de l’opéra de chambre SUM de Max Richter, une commande de ROH2. Chorégraphie de Big Dance Trafalgar Square réunissant 1000 participants, dans le cadre du London 2012 Festival.

Ballet : On lui a entre autres commandé Machina pour Metamorphosis: Titian 2012, Carbon Life, Live Fire Exercise, Limen, Infra, Chroma, Nimbus, Engram, Qualia et Symbiont(s) (Royal Ballet, Covent Garden); Dyad 1909 (Australian Ballet); Genus (Ballet de l’Opéra de Paris); Skindex et Renature (NDT1); Yantra, Eden | Eden et Nautilus (Stuttgart Ballet); 2Human (English National Ballet); et PreSentient et detritus (Rambert Dance Company).

Ballet (recréations) : Chroma (Ballet national du Canada, San Francisco Ballet, ballet du Bolshoï, Royal Danish Ballet et Boston Ballet); Infra (Joffrey Ballet); Eden | Eden (Atlanta Ballet); et PreSentient (Tulsa Ballet).

Opéra : SUM (ROH2); Didon et Énée et Acis et Galatée (Royal Opera); Didon et Énée (La Scala, Milan); The Midsummer Marriage (Lyric Opera of Chicago); La Bohème, Le mariage de Figaro, Hansel et Gretel et Orphée et Eurydice (Scottish National Opera); Salomé (English National Opera); Manon (English Touring Opera); et The Mikado et Rinaldo (Grange Park Opera).

Théâtre : Kirikou et Karaba (Casino de Paris); Breakfast at Tiffany’s et Ring Around the Moon (West End); Aladdin avec Ian McKellen et Cloaca (The Old Vic); The Woman in White (Londres et Broadway); A Little Night Music et Antoine et Cléopâtre (National Theatre); Much Ado About Nothing et You Can Never Tell (The Peter Hall Company); et Cleansed (Royal Court).

Cinéma et télévision : Le vidéoclip Lotus Flower (RadioHead); Harry Potter et la Coupe de feu (Warner Bros); Dice Life et Bent (Channel Four); Chrysalis et Entity (Arte); HoriZone, Nemesis, Symbiont(s), Dance USA, Infra et Physical Dysfunctional (BBC); Wayne McGregor – Across the Threshold, A South Bank Show (ITV1); In the Spirit of Diaghilev, œuvre dans laquelle figure Dyad 1909 (BBC4); La Danse, par Fred Wiseman – en diffusion cinématique; The Culture Show (BBC); et Wayne McGregor – Going Somewhere (lesfilmsduprésent).

Récemment : Wayne McGregor – A Moment in Time, un documentaire de Catherine Maximoff (Arte France).

Prix : Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique pour services rendus à la danse, janvier 2011. Prix de la critique pour Chroma aux Golden Mask Awards, ballet du Bolchoï (2012); Benois de la danse pour Infra, Royal Ballet (2009); nommé chorégraphe de l’année par ballettanz (2009); prix d’excellence en danse décerné par l’Institut International du Théâtre (2009); prix South Bank Show et prix Movimentos pour Entity, Wayne McGregor | Random Dance (2009); prix Laurence Olivier de la Meilleure nouvelle production de danse pour Chroma, Royal Ballet (2007); deux prix Time Out (2001 et 2003) pour réalisations exceptionnelles en danse; prix IMZ Dance Screen (2002); prix Laurence Olivier pour réalisations exceptionnelles en danse (2004); trois prix Critics Cercle (Amu, Wayne McGregor | Random Dance; Chroma et Infra, The Royal Ballet); prix South Bank Show pour la danse (Royal Ballet pour trois pièces au programme, notamment Chroma, en 2007); et prix Laurence Olivier pour la meilleure œuvre chorégraphique pour 2Human, English National Ballet (2004).

 

Liste des spectacles