D.A. Hoskins

D.A. Hoskins a une sainte horreur des cadres. Directeur artistique du Dietrich Group mais aussi et surtout chorégraphe indépendant, il critique souvent le conformisme qui, selon lui, sévit tant dans la création que dans la formation en danse contemporaine. Trouvant dans l’interdisciplinarité un excellent moyen de ne pas se cantonner à cet univers, il multiplie depuis ses tout premiers débuts les collaborations avec toutes sortes d'artistes. Parmi ceux-ci, le compositeur Gilles Goyette est un complice de longue date et le cinéaste Nico Stagias a déjà participé à plusieurs de ses projets, dont la pièce Death of a Serious Clown, œuvre de commande pour les quinquagénaires de la compagnie Old Men Dancing. C’est d’ailleurs avec l’objectif de prendre plus de risques dans la création que D.A. Hoskins a fondé, en 2008, la plateforme d’échanges interactifs The Dietrich Group. La prise de risque ne réside pas seulement dans l’interactivité des échanges entre les différents artistes impliqués dans une œuvre, elle tient aussi à leur engagement à s’exposer personnellement dans le processus. Car Hoskins ne croit pas que l’art puisse toucher le public s’il n’est pas le fruit d’une expression éminemment personnelle. C’est aussi par cette démarche que l’artiste répond à sa quête de sens. On ne s’étonne donc pas que les critiques soulignent son audace et sa capacité à renouveler son esthétique. Style, élégance, humour, sensualité et puissance sont des mots qu’ils utilisent aussi pour qualifier son travail.

D.A. Hoskins aime à dire qu’il est avant tout un artiste visuel et que la danse est son langage privilégié pour créer des univers où les interactions entre artistes sont favorisées et où la persité artistique peut s’exprimer plus particulièrement. Si ses premiers élans artistiques sont allés vers les arts visuels, c’est que la danse n’avait pas vraiment droit de cité dans sa petite ville natale du nord de l’Ontario. Il a déjà 16 ans quand il assiste à son premier ballet, et déménage peu après à Toronto pour étudier la danse. Devenu danseur professionnel au Toronto Dance Theater, il s’intéresse plus précisément à la chorégraphie lorsqu’il se brise une cheville au cours d'une répétition.  L’artiste visuel en lui ne tarde pas à refaire surface. 

S’inspirant des nouveaux médias, de l’art conceptuel et des vidéoclips, il intègre projections visuelles, textes et voix à ses créations. Ses œuvres ont beau posséder une forte teneur théâtrale, elles ne se veulent ni danse ni théâtre. Elles sont une transformation métaphorique de la réalité qui se déploie à partir de dispositifs scéniques particuliers. Dans Portrait, par exemple, œuvre présentée au Festival TransAmériques en 2010, l’espace scénique n’est pas clairement défini, la frontière entre scène et coulisses demeure incertaine, sorte d’écho à l’ouverture de l’artiste à toutes sortes d'influences, comme une page blanche à remplir sans se soucier des cadres. Car ce que l’on explore ici, c’est la multiplicité des sources d’inspiration. L’écran sur lequel sont projetées les vidéos domine l’espace, ce qui le transforme quasiment en un troisième interprète : l’interaction entre les danseurs et les images projetées sur l’écran est extrêmement efficace. Cet exemple parmi d’autres témoigne du sens aigu de l’image qui caractérise cet artiste. La danseuse de Portrait, Danielle Baskerville (qui collabore avec lui depuis plus de 10 ans) avance par ailleurs l’idée qu’il sculpte littéralement l’énergie et qu’elle doit transformer chaque pas en énergie pour être capable d’assurer un rendu du mouvement dans toute sa complexité.

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